jeudi 6 décembre 2018

L'air du temps …


Indépendamment des écoles, des modes, des courants ainsi que des snobismes d'intellectuels initiés, j'ai poursuivi ma route et mes recherches, mon itinéraire personnel. En même temps, j'ai participé à divers évènements, tels qu'expositions de groupes, où j'avais le plaisir de rencontrer et d'échanger avec des artistes aux univers personnels. J'y ai rencontré des personnes très douées qui avaient des choses à dire et le talent pour le faire. Pourtant, rares sont ceux d'entre eux à pouvoir se faire un nom dans les milieux fermés des marchés de l'art (idem dans la littérature, la musique, etc). Les modes passent et se suivent, les spéculateurs et les affairistes font et défont les succès à leur gré. Il en a toujours été ainsi, mais souvent, la postérité a rendu justice aux méconnus. Créer, se projetter, imaginer c'est souvent être en avance sur son temps, ce qui est bien connu, mais nul n'est prophète en son pays.

Il est vrai que depuis des décennies le matérialisme et l'argent régissent nos sociétés à grand coups de marketing et de communication. Un monde pressé, superficiel où la forme l'emporte sur le fond, le discours sur la pensée, le politiquement correcte sur l'humain. Un monde qui court toujours plus vite après on ne sait quoi, à moins que ce ne soit après l'argent ou le pouvoir, ou la célébrité, ou … Un monde de standardisation, de mondialisation qui efface, gomme et broie les cultures, les civilisations, l'histoire et les histoires dans un mealting pot de stéréotypes où tout et tous sont gris/beige, semblables, ternes, sous les paillettes et le clinquant. Un monde organisé pour enrichir une caste de privilégiés au détriment de ceux qu'elle exploite pour produire toujours plus et à moindre coûts, et aux quels elle vend ces mêmes produits à son unique profit, ne leur laissant pas d'autres choix pour survivre dans une pauvreté toujours en progression. Un monde où cette élite pousse à l'exode des populations, pour les faire ensuite déferler sur d'autres pays où elles viennent augmenter son stock d'esclaves/consommateurs pendant que cette même élite exploite les ressources naturelles de leurs pays d'origine.

Bien sur, les faunes, les flores, les environnements subissent aussi les effets pervers de tous ces progrès technologiques, ou plutôt des usages qui en sont fait. Des régions entières détruites, des disparitions d'espèces en grand nombre, des pollutions de toutes natures. Alors, on se donne un alibi écologique en jouant à l'apprenti sorcier. Dire qu'il y a quelques décennies certains avaient dénoncé cette nouvelle société qui se mettait en marche, engloutissant tout. Mais, la dénoncer, la rejeter n'ont pas suffit. Les élites mondialiste des hautes sphères de la finance ont habilement étouffé toutes velléités de résistance. Le système s'est donc imposé inéluctablement, en marche forcée, de gâchis en gâchis, de conflits en conflits.

Aujourd'hui, tout cela semble irréversible, ou sur le point de s'effondrer ainsi qu'un château de cartes, l'avenir le dira si nous lui en laissons le temps et que nous nous en donnons les moyens. Nous le devons aux générations futures, mais aussi à nous même, pour tenter de sauver notre humanité, notre planète ainsi que nos sociétés, nos civilisations et nos cultures dans toutes leurs diversités. C'est là, me semble t'il que les artistes, les créateurs, les poètes et autres saltimbanques ou rêveurs « irrationnels » se doivent de rafraîchir les mémoires, redonner des couleurs, des parfums, des mélodies et de la lumière au futur. Peut être suffit il d'y croire et d'avancer dans cette direction.

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